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Nom du blog :
discutator
Description du blog :
Dans le cadre des réunions organisées pour les étudiants de l'ERSEP de Tourcoing.
Catégorie :
Blog Artiste
Date de création :
17.11.2007
Dernière mise à jour :
15.12.2007
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Suite du programme !

Posté le 15.12.2007 par discutator
Voici la suite du programme, un nouveau RDV a été programmé grâce à Maxence (qui a géré tout ce qui était organisation et contacts avec l'artiste.)

Voici la copie du mail qu'il m'a adressé :
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Hello Alex,

Comme convenu voici des infos sur Gautier Deblonde,
J'ai envoyé un mail à Claire Schneider afin de cofirmer la rencontre le vendredi 21 à 15h (soit une heure avec l'artiste)...
Nous aborderons des questions concernant son travail bien sur, son cursus, son statut de professionnel, et d'autres selon les intérêts de chacun des participants. Voilà, je te laisse maître de la communication, à noter que venir à cette rencontre, c'est aussi l'opportunité de découvrir un lieu de culture Lillois..;

A tantôt
bon Weekend à toi !
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A savoir qu'un petit flyer sera distribué à l'ERSEP pour permettre aux étudiants intéressés de venir assister à cette rencontre. Naturellement, ceux qui recevront un mail de confirmation de mise à jour de ce blog sont préinscrits à la réunion.

Si tu lis ce post Max, laisse un com pour préciser le lieu (je crois que tu m'as dit que ce serait à la maison de la photo de Fives, mais je n'en suis pas sûr...va savoir pourquoi :)

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Voilà aussi la fiche concernant le travail de l'artiste à la maison de la photo lilloise, et son site web pour ceux qui veulent en savoir davantage :
http://www.gautierdeblonde.com/



--

Résumé de la seconde réunion

Posté le 28.11.2007 par discutator
Suite à la réunion précédente durant laquelle Laurent nous avait parlé en profondeur de son travail, il nous a proposé, ce soir, de voir un certain nombre de ses pièces (sorties à l'occasion du texte qu'écrira Élodie Guida à propos du travail de l'artiste.) Cette micro exposition est venue documenter et enrichir le premier dialogue que nous avons eu avec Laurent.
Petite présentation de Maurice Merleau-Ponty (ou plutôt discussion autour de quelques idées du penseur) menée par Élodie, et rebonds divers sur d'autres thématiques.
Maxence (5ème année à l'ERSEP) a pris le temps de nous présenter son travail autour duquel nous avons parlé.

Les choses commencent à prendre forme, des idées ont été lancées. Mais nous sommes absolument ouverts à toute proposition qui pourrait venir développer cette petite entreprise.
N'hésitez donc pas à nous faire part de vos idées, de vos envies, de vos projets. Laissez des commentaires ; venez faire partager votre savoir et votre expérience !

La suite n'est pas encore fixée, mais il semble que Maxence ait quelques contacts intéressants qui pourraient nous emmener dans d'autres ateliers, d'autres lieux où nous pourrons nous rassembler et avoir des contacts privilégiés avec d'autres artistes régionaux, etc.

La suite arrive très vite ! Promis !

Prochain RDV : heure, date et lieu

Posté le 19.11.2007 par discutator
Prochain RDV le 27 novembre prochain, 17h, à l'atelier de Laurent Dejente 118 Rue Faidherbe 59110 La Madeleine, en présence de la philosophe Élodie Guida.

Résumé de la première réunion

Posté le 18.11.2007 par discutator
Premier volet d'une série de rencontres proposées aux étudiants des Beaux-arts de Tourcoing. Le but de celui-ci est de faire affluer un certain nombre d'étudiants dans un lieu déterminé qui servira comme terrain d'expérimentation pour un autre type d'échange. Cet échange s'articule autour de trois idées principales :
- la liberté totale d'expression
- la convivialité
- la rencontre de différents points de vue
N'hésitez donc pas à amener vos idées, vos projets, vos travaux ou tout autre matériau susceptible de lancer un débat que l'on élaborera ensemble (autour d'un apéritif, pourquoi pas.)

Parlons maintenant de ce qui nous a réunis ce samedi 17 novembre. Premiers contacts avec un artiste, Laurent Dejente. Autodidacte, il s'épanouit grâce, notamment, au médium de la photographie, en questionnant la notion de point de vue dans l'image, en perturbant les codes analytiques traditionnels de l'image photographique, entre autres. Son travail ne se limitant pas à un médium en particulier, il nous montre aussi quelques essais vidéos articulés autour des mêmes problématiques énoncées plus haut. Il s'agissait là d'une petite introduction à son travail personnel.
Pour plus d'infos sur ce projet, consulter le texte de Élodie Guida, jeune philosophe qui a la particularité d'avoir suivi l'artiste depuis ses débuts (disponible à la suite de ce texte.)

Prochain RDV le 27 novembre 2007 (heure et adresse seront précisées bientôt) à l'atelier de Laurent Dejente, en présence de Élodie Guida qui se proposera sans doute de nous parler de son travail ainsi que de sa collaboration avec l'artiste.
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Stations - Laurent Dejente


"L’esprit humain est apte à percevoir un très grand nombre de choses, et d’autant plus apte que son corps peut être disposé d’un plus grand nombre de façons."
(Spinoza, Éthique, II, prop. 4, p. 374)


Le parcours visuel proposé par les oeuvres de Laurent Dejente bouscule nos habitudes perceptives, et nous amène, de stations en stations, à reconsidérer notre sens de l’orientation. La nécessité d’explorer, et de se demander, ce que nous voyons se fait sentir. Comment ces corps parviennent-ils à habiter cet espace étrange où les objets et les choses du monde ne sont pas à la place où nous avons l’habitude de les voir?
Les photographies et les vidéos nous confrontent à une expérience visuelle ambiguë. Elles montrent des personnages qui adoptent différentes attitudes : une personne est debout appuyée sur une paroi, une autre assise, une autre marche... Mais l’espace autour d’eux ne cadre pas, il n’est pas celui que de telles positions impliquent. Si la personne est debout appuyée sur une paroi, comment se fait-il que l’arbre au second plan de l’image soit à l’horizontale et non à la verticale?
Un tour de tête a 90 degrés et nous voyons que l’espace montré - l’espace de l’image - est renversé. Les personnes allongées sont montrées debout, celles debout montrées allongées.
Mais quand l’espace retrouve son sens, c’est la position des sujets qui perd le sien, qui apparaît comme bizarre et incongrue. Les personnages paraissent étonnamment s’insérer au milieu renversé, habiter l’espace dans lequel ils sont montrés.
L’acte de basculement de 90° à droite ou à gauche est pensé par Laurent Dejente dès la prise de vue et oriente la mise en scène de l’image de telle sorte que les attitudes des corps apparaissent comme plausibles dans l’espace montré, espace renversé. Celui-ci ne coïncide pas avec l’espace réel dans lequel les personnes se sont insérées le temps de la pose, mais avec l’espace virtuel - celui de l’image créée - dans lequel l’artiste les a projetées.
En même temps, si le renversement de l’espace est à peine perceptible sur les attitudes corporelles, la direction de certains éléments visuels de l’image - les arbres, les fenêtres, le sol, le ciel - permet d’appréhender le bouleversement opéré.

Les personnages nouent ainsi des relations singulières, souvent ironiques et paradoxales, avec un espace qui n’est plus celui de leur posture de pose. La perception de notre insertion dans le monde - liée à notre expérience corporelle de la pesanteur, de la droite et de la gauche, du haut et du bas -, est déjouée et rejouée autrement.
Le cadre tient lieu de scène, fonctionne comme l’espace d’un jeu et d’une expérimentation, où un même dispositif, à savoir l’acte de basculement, est capable d’infinies transformations - infimes ou conséquentes. La scène peut être close, nous montrer un espace fermé, minimal (un corps et des parois horizontales et verticales), où seuls quelques détails indiquent le renversement des corps et des choses. Les personnes peuvent aussi apparaître dans un espace ouvert. Celui-ci instaure de nouvelles relations visuelles entre les objets, et aussi, fondamentalement, entre les personnes et les choses.
Ce sont aussi les postures des personnages qui se modifient d’une image à l’autre. Il ne s’agit pas seulement d’un changement d’attitude physique : debout, assis, accroupi, etc., mais sensiblement d’une modification de la présence du corps dans l’espace, qui exprime différentes façons d’être au monde : bien être, attente, contemplation, corps en tension... Les corps expérimentent aussi, parfois, la difficulté d’habiter un monde qui obéit à d’autres lois de fonctionnement. Ils se frottent à la différence, et y découvrent des résistances.
Un jeu visuel s’établit alors entre l’appréhension du corps comme masse solide, physique, faite de chairs et d’os, qui fonctionne comme élément visuel de l’image parmi d’autres ; et le corps animé, expressif, qui donne du sens à l’espace qu’il habite.

L’ambiguïté de ces photos semble liée au rapport qui se noue entre la spatialité du corps et l’espace dans lequel il prend place. Le sens, - la signification -, du rapport du corps au monde semble indissociable d’une direction. En évoluant dans un espace renversé, le corps rompt avec certaines attaches spatiales, mais il ne le fait qu’en renouant avec d’autres et en s’engageant ailleurs. C’est ce que nous montrent la vidéo. On y voit le corps de l’artiste au travail, essayant de s’approprier le milieu dans lequel il s’insère (une chaise, trois parois : un sol, deux murs) en agissant dans celui-ci, mieux en lui. Les gestes effectués par l’artiste dans l’espace de l’image sont constitutifs d’un milieu de coexistence, c’est-à-dire d’un espace.

Par l’acte de basculement, la photographie se détache de sa proximité avec le réel, du régime de l’empreinte et du semblable pour entrer dans une logique de la différence et de l’ambiguïté. Les images transforment et déjouent l’expérience corporelle de notre insertion dans le monde, pour la rejouer autrement. Elles ne fonctionnent ni comme copies du monde, ni comme apparences trompeuses car elles se donnent à voir avec les effets visibles des procédures de fabrication. Le dispositif et l’espace qu’il crée fonctionnent comme instrument d’expérimentation, comme point de tension du sens de la relation du corps au monde. Sens physique et sens métaphysique de la place de l’homme dans le monde nouent ici des rapports étroits.
La systématicité du procédé s’articule à l’opacité et à l’ambiguïté des images, au mystère de la coexistence. L’adoption d’un procédé systématique, déterminé, nous amène à de l’indéterminé. S’il permet d’expliquer, dans une certaine mesure, la construction des images et leur étrangeté, il est plus qu’une technique de fabrication. Il se déploie comme interrogation, comme ouverture d’un champ et d’un rapport au monde en tant qu’expérience à faire, et non déjà faite ou déjà donnée.


Élodie Guida
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